lundi 10 novembre 2008

Petit Poucet: au service des étudiants crateurs d'entreprise

Mathias Monribot se donne à fond depuis quelques années pour la cause de l'entrepreneuriat. Il a créé le concours de création d'entreprise pour les étudiants, puis le concours "Tendances et Cultures" pour mettre en valeur celles et ceux qui créent dans les domaines du design, des idées, des nouveaux produits, etc.. à un stade très précoce.

Ca vaut bien un éclairage, non?

Lancement du Concours Petit Poucet 2009, 7ème édition.
Concours de création d’entreprise réservé aux étudiants, organisé par Petit Poucet.

Le concours récompensera cette année 30 projets (diagnostics personnalisés), parmi eux 10 projets seront primés (plusieurs mois de conseils et dotations financières) et 4 projets seront financés par les fonds d’investissement de Petit Poucet puis hébergés dans la Maison des Petits Poucets.
Une école obtiendra le « Prix Meilleure Ecole Entrepreneuriale de France ».


Participation gratuite et sans engagement commercial.
Dossier de candidature sur www.petitpoucet.fr
Date limite de dépôt : lundi 15 décembre 2008


En pièce jointe :
- Dossier de candidature
- Affiche du Concours

Amicalement,

Mathias MONRIBOT

www.petitpoucet.fr

Signature2

dimanche 26 octobre 2008

La centrale nucléaire russe, l'oiseau et les fonds d'investissement

Je ne vous ai pas trop parlé de mes occupations professionnelles. Non qu'il n'y ait rien à dire, loin de là, mais ce n'est pas trop le lieu de ce type d'échanges. Sachez juste que j'accompagne les talents, de quelque nature que ce soit, à éclore, émerger, réaliser
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
quelque chose de beau
" (Prévert)

Hier, comme on me dissertait sur ma passion pour les gens exceptionnels, de talent, on m'a raconté une très jolie histoire pour me dire combien ceux-ci pouvaient être précieux au-delà des modes et des croyances.

Comme elle m'a touché, je me permets de la partager à mon tour avec vous:

"Cela se passe après la chute du Mur. L'Union Soviétique décomposée vit dans la terreur d'une explosion de ses centrales.
Sans moyens, sans experts qui tous partent petit à petit vers des contrées plus dollarisées, les autorités décident de privatiser leurs centrales.

Dans le petit village de Chiamarenko, une de ces centrales a été vendue ainsi au groupe multinational Empire Living, grand acteur du secteur de l'énergie.

Comme tout bon groupe américain, piloté par la dictature des vieilles rombières regroupées au sein de clubs de vieilles rombières appelés "Pension Funds", ils commencent par mettre à la retraite volontaire ou non les bons et loyaux serviteurs de la Centrale et à importer des techniciens ouzbeks.

Tout va bien et les profits s'avérent monstrueux jusqu'au jour où... un des voyants d'alerte passe au orange puis au rouge, puis un second, puis la totalité des voyants, la vapeur commence à s'échapper, la centrale à vibrer, c'est l'affolement le plus total pour la quinzaine de jeunes et brillantes têtes sorties du MIT et de Harvard pilotant la Centrale. On envisage l'évacuation et la fermeture de l'espace aérien. Les téléphones des dirigeants mondiaux rougeoient et les routes alentours, sous la ruée des techniciens ouzbeks et de leur parentèle, poudroient.

Totalement désemparés, restés seuls, ils finissent par remarquer le comportement de la seule femme de ménage russe qu'ils ont conservé et qui pousse placidement son balai à trois poils dans un des coins du bureau.

"Olga, vous êtes impavide?"
"Da, Da"
"Mais, pourquoi n'êtes-vous pas inquiète? Vous avez déja vécu cela?"
"Da, Da"
"Mais, comment nos prédécesseurs avaient-ils résolu ce type d'incident?" hurlent-ils dans le vacarme de plus en plus assourdissant.
"Da, problem, niema... Boris forgeron village savoir..."
"Forgeron????"

Se concertant, de plus en plus affolés, ils envoient le plus jeune de la troupe dans le Hummer flamboyant parlementer avec le forgeron. Arrivé au village, il le trouve sur le pas de sa porte, prêt à intervenir, avec sa trousse à outils et une grosse masse.

"Da, bien, vous venus, il est temps d'aller..."
"Mais, vous savez ce que c'est comme panne?"
"Da, 37ème sous-sol, couloir B21, porte BZC765..."
dit-il alors que le Hummer, rendu beaucoup moins flamboyant après ses cahotages sur les chemins boueux au point de ressembler à une vieille Jigouli, s'achemine péniblement vers la centrale qui s'irradie progressivement d'une lueur orangée... C'est assez joli comme fin du monde.

" Votre prix sera le nôtre" ajoute l'américain en bataillant avec les vitesses.

Arrivée à destination, la troupe suit Boris le forgeron jusque dans les tréfonds de la centrale, 37ème sous-sol puis couloir B21, puis arrivent devant une porte en fer rouillée sans indication visible, pousse le battant dans un vacarme sinistre de GötterDammerung, écarte la horde de rats qui s'en échappe et voit Boris prendre sa masse, choisir une conduite et abattre d'un "Han" massif le marteau.

Instantanément, tout se calme, les voyants repassent au vert, la Bourse remonte, le champagne est ouvert et coule à flots dans la salle de contrôle, les téléphones redeviennent gris et la poussière retombe sur les routes des alentours.

Boris, seul dans son coin, s'approche du chef des américains et lui susurre:
"Pas oublier me payer, pajalski..."
"Bien sur, niema problem, c'est combien?"
"Un million de dollars"

Le champagne est immédiatement régurgité et l'américain rougeaud manque de mourir de saisissement. Un papillon bat des ailles sur le Pacifique.
Dans la confusion qui s'ensuit, Boris s'éclipse.

Les agapes sont dès lors suspendues, et une réunion de crise est tenue.

"Un million de dollars pour un coup de marteau, ce russe est complétement fou!!! Il doit bien se rendre compte de l'inanité de sa demande!!"

"Oui, mais on pourrait avoir de nouveau besoin de lui. N'oublions pas que nos actionnaires (qu'ils soient chéris et vénérés) veillent à prendre, comme il est normal, la totalité de nos profits pour les distribuer... Il n'y a pas d'argent pour investir dans une modernisation ni recruter du personnel qualifié" rétorque un seond.

Dans le silence lourd qui suit comme usuellement l'énoncé de vérités supposées définitives, un stagiaire qui assiste à la scène dit:

"J'ai peut-être une idée..."

Les têtes se tournent vers lui.

"Et si.. Et si on lui demandait une facture détaillée???"

Dans un brouhaha général, tout le monde approuve et le stagiaire est désigné pour aller parlementer avec Boris.

Deux heures plus tard, celui-ci revient, décomposé.

"Alors?"
"Alors... Il m'a reçu très gentiment, a souri lorsque j'ai expliqué que cela nous était difficile de justifier auprès de nos actionnaires de verser 1 million de dollars à un forgeron sans justificatif, est parti chercher un vieux carnet à souches lorsque je lui ai demandé une facture détaillée, a sorti son vieux crayon qu'il a léché et écrit avec application:

Forgeron de Chiaramenko
Facture no 2002 - 1
Objet: Réparation de la centrale nucléaire

Prestations:

- Donner un coup de marteau: 1 dollar
- Savoir ou donner un coup de marteau: 999 999 dollars.

En votre aimable réglement.

"Sic Transit Gloria Mundi"

Crise, conséquences et opportunités

Crise, conséquences et opportunités

Si les conséquences de la crise actuelle du système financier mondial ont principalement été concentrées sur … le secteur financier, ses effets ne vont pas tarder à prendre leur pleine puissance sur les sociétés industrielles et commerciales. Dans ce cadre, les frontières vont bouger, les situations en place se modifier, les risques s’accroître.

Comment s’en protéger et comment en profiter ?

En tant qu’entrepreneur, comment s’en protéger ?

Clairement, l’année 2009 va être une des pires années jamais vécues par un entrepreneur : montée des risques, désolvabilisation des clients, credit crunch, baisse violente du PIB (-10% ?), etc…

Sachant le temps nécessaire pour s’adapter à ce type d’environnement, il faut agir maintenant : Préparez un plan « Crash », c'est-à-dire une croissance de votre activité amputée de 20% (si vous faisiez +5%, regardez ce que cela donne à -15%). Et la conséquence d’une baisse d’activité de ce niveau sur tous les compartiments de votre entreprise :

- Sur le poste clients : passage de la totalité de la clientèle sous assurance crédit et refus de vente si non-accord de couverture par SFAC ou Atradius. A cet égard, rappelons que les assureurs crédit peuvent vous déréférencer du jour au lendemain vous laissant sans crédit fournisseur, ceux-ci exigeant alors un paiement cash ou un dépôt de garantie. Prenez le temps d’aller les rencontrer et de faire le point sur votre société si vous voulez conserver un peu de marge de manœuvre. Sinon, nommez si ce n’est déjà fait quelqu’un en charge du recouvrement et du délai clients. En la matière, c’est celui qui râle le plus qui est le plus vite payé, cela ne sert à rien d’être sympa et arrangeant.

- Sur les stocks : le ralentissement économique a d’ores et déjà gonflé les stocks à tous les niveau de la chaîne de production, avec un effet amplifié sur 2009, les plans de production devant sans doute être revus drastiquement à la baisse avec des stocks déjà élevés.

- Sur la dette : allez voir votre banquier, essayez de sécuriser tout ce qui peut l’être, signez, si vous le pouvez, toute dette que vous pouvez obtenir. Concernant les découverts, la banque doit vous laisser un délai de 60 jours en cas de rupture de sa part. Elle ne peut vous empêcher de tirer sur votre découvert à hauteur du maximum atteint au cours des 6 derniers mois, sous peine de rupture abusive, plaisanterie qui peut les obliger à combler tout le passif en cas de RJ. Conséquence : tirez toutes vos lignes de découvert au plafond au moins une fois par trimestre, voire essayez de les dépasser largement pour créer ce que l’on appelle une « référence », montant maximum que vous pourrez tirer en cas de pépin. Ceci n’est possible que si la banque ne vous adresse pas une lettre de dépassement exceptionnel. Dénoncez vos cautions personnelles si vous en avez. Cherchez des programmes de factoring pas chers (nous avons chez Da-Ose un partenaire privé qui propose du Euribor + 1 ,10% sur tout type de créances, y compris l’Etat, l’international et la petite créance, avis aux amateurs !!!)

- Sur la trésorerie : protégez votre bas de laine : on commence à distinguer les gagnants et les perdants du 3ème conflit mondial et les conclusions semblent limpides : pas de placements en action, ni en obligations, ni en immobilier (avant 2 ans), ni dans une banque sans dépôts, et surtout pas en dollars (effondrement probable d’ici 6 mois). Que reste-t-il ? Les certificats de dépôts de la Caisse des Dépôts. Ou de BNPP, Crédit Mutuel, HSBC. Pour les six prochains mois au moins à mon sens.

- Sur le personnel : il est difficile de licencier, juridiquement mais surtout humainement. Si cela vous apparaît comme un passage obligé pour la survie, si vous licenciez plus de 10 personnes, il faut faire un PSE (Plan de … Sauvegarde de l’Emploi), compliqué à gérer et surtout très long (6 mois) et très cher. D’où la nécessité d’anticiper au maximum une décrue contrainte des effectifs. Plus tôt vous initierez cette démarche, plus facilement vos collaborateurs partants trouveront un emploi, sachant qu’une montée très violente du chômage est à prévoir.

- Sur le capital : il reste de l’argent qui cherche à s’investir en France, et ce de manière urgente. Les fameux fonds issus de la réduction de l’ISF ont collecté plus de 550 millions d’euros et ont le plus grand mal à trouver de cibles d’investissement, sachant qu’ils n’ont qu’une période très courte pour les employer. Par ailleurs, les performances singulières des banques ces derniers mois ont renforcé l’attractivité de l’investissement dans les PME pour les personnes fortunées. Chercher de l’argent en ce moment n’est donc pas impossible, loin de là. Pour autant que l’on dispose d’une maîtrise de son activité, de ses ambitions et d’une stratégie claire et solide.

En tant qu’entrepreneur, comment en profiter ?

L’avantage des temps de crise comme celui que nous vivons est que les frontières fixes et intangibles deviennent floues et souples, que les héros d’hier deviennent les parias de demain et que du coup… il y a plein de bonnes affaires à faire. (Le secteur où cela est aujourd’hui le plus apparent est celui …. des banques, petit monde figé depuis des années en termes de mouvement de concentration qui se trouve, du fait de la violence de la crise, en train de faire émerger des vainqueurs incontestés et incontestables)

Passage obligé : ne pas être endetté aujourd’hui.

Si vous avez de la dette (particulièrement LBO), il faut songer à un adossement le plus rapide possible, toutes les hypothèses d’exploitation actuelles et futures s’étant très violemment dégradées au cours des dernières semaines.

Mettez votre fierté en poche pour :

- lever de l’argent, certes à valorisation cassée mais non nulle, ou

- regardez autour de vous auprès de qui s’adosser, se fusionner, à un moment où votre entre prise est encore sexy et complémentaire à certains de vos concurrents. Il y a urgence !!! ou

- préparez vous à gérer votre mandat ad hoc le plus rapidement possible, les tribunaux de commerce risquent d’être très encombrés en 2009. Le fait de le déclencher vous-mêmes vous laisse la main alors que la DCP (Déclaration de Cessation de Paiement) vous met hors jeu.

Si vous n’avez que de la dette normale d’exploitation, et que les concurrents de votre secteur ont eux commis l’immense erreur de s’endetter lourdement pour des opérations de LBO ou de croissance externe, c’est du pain bénit pour vous. Devenez (et ce, quasiment quelque soit votre taille), les acteurs de la structuration de votre secteur. Là encore, il y a des fonds propres disponibles pour ce type d’opérations pour autant qu’elles soient bien construites et saines.

Sur toutes ces pistes financières, Da-Ose accompagne d’ores et déjà des entrepreneurs qui ont fait le choix de profiter de cette crise sans équivalent :

- en analyse stratégique préalable,

- en apport opérationnel pour préparer la tempête qui s’annonce, (revue des items exploitation et bilan pour adapter la société aux nouvelles conditions de l’environnement, propositions d’actions, suivi de la mise en oeuvre)

- en gestion de relationnel banques,

- en levée de fonds sur certains secteurs (internet à contenu, distribution, cleantech, industrie) ou certaines problématiques (création d’un leader du secteur, intégration horizontale et verticale)

- en cession pour ceux qui le souhaitent, (industrielle principalement)

- en acquisition pour ceux qui ont de l’appétit et des réserves financières,

- et ce en France en Europe et en Chine.

Si vous vous sentez concernés par ces questions, si vous avez une société dirigée par une équipe professionnelle et soudée, n’hésitez pas à nous appeler.

Mort du dollar, Mort du rêve d'un monde capitaliste?

Mort du dollar, Mort du rêve d'un monde
capitaliste?

Les chahuts actuels des marchés financiers sont par leur ampleur et par leur violence comparables à la période qui a précédé la chute du système communiste, comme si le monde
voulait se débarrasser des grandes illusions du XXème siècle.

Il est peut-être temps de ré-explorer l'échec du bloc communiste pour comprendre pourquoi cela n'a pas marché et voir les enseignements que nous pourrions en tirer, nous, pour
cette crise qui ne cesse de s'amplifier.

A leur actif: une société où tout le monde avait un toit, où tout le monde mangeait, où tout le monde, sans exception savait lire écrire et compter, où les obscurantismes religieux avaient été muselés (libérés par la suite par le soutien des USA aux talibans et à Ben
Laden par exemple au moment de la guerre d'Afghanistan), où la culture était un élément majeur de statut social (forcément, il n'y avait pas d'argent comme échelle de valeurs permettant de définir un statut social), une vraie
réussite scientifique.

A leur passif, un aveuglement extrême sur leur
propre réussite, générant une défiance et une démoralisation de leurs peuples et de leurs élites devant l'écart constaté entre la réalité et le discours, une réussite économique faible, une restriction majeure des libertés individuelles, une vraie violence intrinsèque à
la dictature, ayant conduit dans les années 30 et 40 à des massacres effroyables. Ces derniers points ayant été générés par une dérive autoritaire d'une utopie à l'origine généreuse et porteuse.

5 raisons majeures ont mis fin aux systèmes se revendiquant de cette idéologie:

- crise financière : la course aux armements a mis à genoux le bloc, la dette a enflé, ils se sont retrouvés en faillite. D'où chute de leur monnaie (avec la fameuse blague sur la différence entre un rouble et un dollar.Réponse:… un dollar) les ayant conduit à l'exclusion des systèmes de commerce internationaux.

- crise sociale: les images diffusées en boucle des vacances à la mer, des biens de consommation dans des territoires où le gris dominait et où les produits même de
consommation courante étaient absents et les queues longues) ont poussé la masse
à adhérer au système concurrent. Cela beaucoup plus qu'une restriction de liberté de mouvement (très variable de pays à pays en fait) ou d'expression qui a surtout concerné les élites intellectuelles.
- crise environnementale : l'ultra spécialisation des territoires, voulue par Staline pour bloquer leur retour à une autonomie ou une indépendance, a dégradé
terriblement l'équilibre écologique. Tchernobyl a été la goutte d'eau ultime.
- Auto-reproduction des élites: l'adhésion au pc étant un passage obligé de réussite sociale, les enfants des dirigeants en place se sont retrouvés ultra favorisés, contribuant peu à peu à une dégénérescence des élites
- Ultra domination des conglomérats : la puissance et la lourdeur des conglomérats a
tué toute tentative de réussite de l'initiative individuelle pourtant réhabilitée assez tôt. Leur taille a généré ce que nous connaissons : corruption, inefficacité, oligopole dominant sourd à toute critique.

Quelle est notre situation en Occident capitaliste en 2008 ?
- Crise financière: elle est plus que majeure, l'état de faillite de nos Etats ayant conduit à l'ouverture massive des robinets à liquidité et par conséquence à la situation actuelle d'hyperinflation des actifs, la monnaie de référence a perdu la moitié de sa valeur en 6 ans et va se retrouver dans les mois à venir comme monnaie de seconde zone,

- Crise sociale : sans même parler des images
de la gare du nord en 2007, le sentiment de la masse des populations d'être
laissés pour compte par les puissants de ce monde génère une instabilité sociale
majeure. La désignation de boucs émissaires (jeunes, pauvres, immigrés, contestataires, etc... ) couplée à la totale indulgence sur les pratiques des riches conduit irrémédiablement à une crise sans précédent. Quand les USA mette 1% de ses citoyens sous les barreaux, (ce taux montant à 10% sur les jeunes adultes noirs…), la déchirure sociale est évidente et rappelle, en termes de refus d'une classe de
population entière, d'autres violences systémiques appartenant aux régimes les
plus durs. Et ce, sans parler de la crise alimentaire qui émerge. Cette
déchirure est porteuse de troubles sociaux majeurs et violents.

- Crise écologique: Inutile de revenir sur
la problématique du réchauffement. En revanche, la dégradation de l'environnement ne se limite pas à ce phénomène. L'ultra spécialisation des
territoires (Chine= production de masse, Afrique = matières premières, Inde = cerveaux) provoque des dommages considérables sur site (voir Amazonie, Nigeria, Côte d'Ivoire, la région de Canton, c'est impressionnant... ) mais aussi, par absence de contrôle des process de production sur les biens que nous consommons (la montée des cancers du sein s'expliquerait entre autres par le recours à des colorants cancérogènes utilisés sans vergogne dans les pays de production)

- Autoreproduction des élites: L'accès déjà
difficile aux études supérieures pour les personnes issues de milieux défavorisés sera impossible dans un système à l'américaine avec des droits d'entrée universitaire couplé à une politique très restrictive d'obtention de
visas pour les élèves les plus doués du monde. Cette posture nombriliste génère
des aveuglements dont nous avons pu voir les effets (crise du CPE par exemple) et constitue surtout une erreur stratégique majeure dans un monde où l'actif intellectuel crée la vraie richesse d'un pays (voir la Finlande ou plus proche de nous le prix de location du nom Louvre: 1 milliard d'euros... ). Cette posture
nous met en danger de décrochement majeur en termes de positionnement stratégique.

- Ultra domination des conglomérats: no
comment. La presse se fait suffisamment l'écho des fusions acquisition et les groupes se pensent désormais mondialement. Nombre de secteurs sont dominés par des oligopoles (finance, matières premières, industrie lourde, etc.. ) captant les ressources financières au développement de l'économie. Le capital n'est plus distribué de manière efficace. Le recours au crédit limité tue la possibilité de développer un tissu de PME autres que celle
sous-traitantes des grands groupes, la part du PNB généré par les grands groupes
s'approche désormais de la part du PNB qui était générée par les conglomérats au
temps de l'Union Soviétique.
A noter qu'un renforcement des législations et des contrôles n'y changerait rien: La chute de
ces géants aux pieds d'argile est d'autant plus rendue possible par les contraintes financières de plus en plus lourdes auxquels ils sont soumis, entraînant un surinvestissement dans le contrôle et l'audit au détriment de la
créativité de l'innovation et de la réactivité. Et créant, comme toujours dans des systèmes aux règles trop figées, des poches de chaos, la plus illustre et récente étant l'affaire Société Générale.
- Mêmes causes, mêmes effets?

Avec un contexte de guerre économique accentuée, cette
fois-ci entre pays dits «émergents» et pétroliers et bloc américain. Ce que l'on peut dire en tout cas, c'est que la guerre Bush / Ben Laden aura finalement été remporté par ce dernier : la paranoïa américaine a fait exploser les
dépenses en matière militaire (15% du PIB américain prévu en 2008…) à un niveau jamais
égalé lors de la guerre froide. Ce surinvestissement non productif a conduit les
us à leur perte, ceux-ci étant devenus incapables de refinancer la totalité de
leurs besoins propres à partir du moment où l'émission fiduciaire n'est plus absorbé par le reste de la planète qui ne reconnaît plus de valeur au papier sur lequel est inscrit le sigle dollar.

Quel avenir?

Historiquement, des crises de cette ampleur conduisent dans la douleur à des mutations sociétales, ou à des guerres.

Trois scénarios sont
dès lors possibles :

o Désagrégation des sociétés dites
contemporaines: Montée des régionalismes, tentatives de sécession (Californie? ), troubles sociaux et violence, contre-réactions probables soit sur la base de milices privées, soit dans le cadre d'un conflit à géographie plus large, montée des nationalismes et des communautarismes, émergence de
régimes crypto-fascistes dont l'action serait basée sur l'utilisation massive de techniques de surveillance et de répression. Les USA ont pris cette voie. (1% de la population incarcérée, plus de 10% des jeunes adultes noirs…). C'est la voie que nous empruntons actuellement avec la terrifiante perspective d'une Amérique à genoux utilisant ses ressources militaires pour éviter l'effondrement.

o Rachat pur et simple des sociétés
occidentales par les fonds issus des fournisseurs de matières premières et mise sous tutelle, à l'instar des destins de la Chine ou de l'Allemagne au début du 20ème siècle, en cours,

o New Deal: Si Roosevelt a pu après 1929
surfer sur la vague de la croissance industrielle, nos sociétés n'ont que peu de nouveaux secteurs sur lesquels investir massivement pour générer de la croissance. La seule option à cet égard est la mise sur pied d'un programme
colossal d'investissements dans les énergies renouvelables et d'une manière plus
générale dans le socialement responsable. Le recours massif à la création de
nouvelles structures est incontournable, les grands groupes et plus encore les
Etats ayant largement démontré leur incapacité à générer de manière rapide de
nouvelles activités.

- Dans ce cadre, si
l'euro reste un de nos meilleurs remparts, il y a néanmoins urgence à repenser
notre système :
-
o En privilégiant les
revenus au détriment de la valeur des actifs (matériels et immatériels), permettant ainsi aux nouvelles entreprises de disposer d'actifs à meilleur compte et aux ménages de consacrer une partie plus importante de leurs revenus à
la consommation réelle.

o En imposant aux acteurs
financiers de consacrer une partie de leur bénéfice (20%? ) à accompagner le
financement de l'entrepreneuriat et la création de nouvelles activités. A cet
égard, le recul enregistré sur l'investissement de l'ISFdans les PME, confiant
à des intermédiaires bien installés le soin de distribuer cette manne sans
risque dans des PME de taille déjà respectable, est criminel. Outre le fait que
ces sommes auraient enfin pu permettre un financement des jeunes pousses et des
sociétés jeunes en croissance, elles privent ces firmes de l'expérience, des réseaux et du savoir-faire que les contribuables isf auraient pu leur apporter.

o En créant de nouveaux
repères sociaux pour partie déconnectés de la logique financière et monétaire et permettant de diminuer la pression sociale en offrant de nouveaux territoires de réussite et de reconnaissance sociale.

TEPA/ISF : de la (très) bonne idée à la confiscation

TEPA/ISF : de la (très) bonne idée à la confiscation

Utiliser l’ISF pour doper les PME

Les volontés du gouvernement et du Président de la République de dédier des sommes importantes au profit du développement des PME françaises les ont conduits à proposer au contribuable redevable de l’ISF de l’investir dans le capital de sociétés.

Le projet originel impliquait l’investissement direct au sein de ces entreprises, celles-ci bénéficiant alors non seulement de fonds nouveaux mais également des carnets d’adresse et de l’expérience des assujettis à cet impôt. (Dans ce cadre, la déduction fiscale est de 75% dans la limite de 50 k€, soit un ISF de 66,66 k€)

Un système confisqué par les acteurs du Capital Investissement

Un lobbying bien mené de la part des acteurs du Capital Investissement a poussé les parlementaires à autoriser l’investissement au travers de FIP d’abord (Fonds d’Investissement de Proximité), puis des acteurs classiques du secteur que sont les FCPR et les FCPI, avec toutefois une incidence réduite sur la déductibilité ramenée à 50%.

Cette idée apparaît de prime abord intelligente, elle permet en effet à l’entrepreneur de ne pas diviser à l’infini le nombre de ses actionnaires et aux contribuables de sécuriser plus fortement son investissement puisque celui-ci se retrouve affecté à plusieurs lignes de participation.

Néanmoins, cette pratique :

- ne répond plus aux besoins des PME de croissance,

- dérive une partie significative des sommes levées pour nourrir les équipes de gestion,

- alimente la bulle des valeurs d’actifs des PME, (générée à l’origine par les sommes considérables déversées par les opérations de LBO),

- de par sa moralité approximative (dérivation du produit de l’impôt dans des investissements en final peu risqués) génère un risque politique à terme.

Des marchés de financement fermés aux jeunes pousses

Pour revenir sur le 1er point (de loin le plus important en termes de croissance de notre pays), permettez-moi un bref aperçu des conditions des marchés de financement des TPE et PME.

La croissance de celles-ci était jusque dans les années 90 financée par les banques. Celles-ci, à la mise en place des ratios de solvabilité de Bâle (imposés par les US), ont purement et simplement abandonné ce marché, (problématique d’affectation de fonds propres) privilégiant une activité de distribution de produits financiers (crédits consommation, immobiliers, sicav) et une relation entreprises concentrée sur les sociétés de taille importante, soit en direct sur la maison-mère soit sur ses filiales, soit sur ses sous-traitants. (*)

Une culture business angels en retard marqué en comparaison des pays anglo-saxons…

Le recours par l’entrepreneur aux fonds extérieurs est devenu impératif pour tout lancement et développement de son entreprise. Or, si les US (500 000 Business Angels : B/A) et les pays anglo-saxons disposent de réseaux de B/A puissants et bien organisés, la singularité française fait qu’en tout et pour tout, il y aurait environ 5000 B/A actifs dans notre pays (25 fois moins en termes relatifs) que les US.

L’arrivée massive des fonds d’investissement en France au cours des 15 dernières années a pallié pour partie à ce manque de financement. Ils ont investi massivement le secteur de la PME familiale, d’un chiffre d’affaires d’au moins 30 millions d’euros et d’une valeur d’entreprises d’au moins 15 millions d’euros, au moment de la prise de participation ou à terme.

En revanche, le capital risque (tout comme le capital retournement) n’a connu aucun succès dans notre pays, laissant les jeunes pousses sans accès aux ressources autres que les B/A, et donc limité en général à une centaine de milliers d’euros au maximum. Les garanties accordées par Oseo sont de plus affectées aux fonds et non aux personnes physiques, laissant le B/A seul face au risque.

Dans ces conditions, les quelques personnes intéressées par l’investissement le sont en général moins pour des raisons financières que par conviction personnelle, (transformant ainsi trop souvent le mot B/A - Business Angels en B/A - Bonne Action…).

… créant un déficit total de financement pour la tranche 100/1000 k€, tranche dans laquelle les projets sont les plus nombreux

Dans le domaine du capital investissement, cette situation est dénommée l’ « Equity Gap », c'est-à-dire le triangle des Bermudes de nos métiers, désigne la taille de la levée de fonds quasi-impossible à réaliser, soit entre 100 et 1000 k€ : les besoins sont immenses, soit en lancement d’activité, soit en développement et les réponses rarissimes.

Utiliser les sommes de l’ISF : une bonne idée confisquée

Dans ce cadre, la dérivation de l’ISF a été vécue par les entrepreneurs comme une véritable éclaircie. L’insertion des fonds comme collecteurs et distributeurs n’apparaissait pas de prime abord comme un obstacle. Sauf que…

Sauf que les fonds (FIP, FCPI, FCPR) ont des règles de gestion strictes et en particulier de ne pas considérer :

- les investissements en « early stage » (début d’activité)

- les investissements inférieurs à 1 million d’euros

Dans ce cadre, l’espoir soulevé est retombé aussi vite.

Et dans le même temps, l’opportunité formidable que nous avions d’insérer dans les jeunes sociétés des compétences et des expériences dont ces jeunes pousses ont le plus grand besoin.

Maria Nowak, qui a monté et développé l’ADIE, association qui distribue du micro-crédit à des jeunes entrepreneurs, a construit le succès des projets qu’elle finançait grâce à cet apport massif de compétences bénévoles.

Les chiffres qui circulent font état de plus de 500 millions d’euros d’ISF envoyés aux fonds (soit au total 1 milliard de fond disponibles environ) contre 4 à 6 millions d’euros investis dans les sociétés en direct….

Comment revenir à l’esprit originel de la volonté de la majorité présidentielle ?

Il sera difficile et délicat de revenir en arrière.

La seule voie possible pour au moins redonner du carburant au développement de nouvelles entreprises indispensables à notre croissance et à l’emploi serait que la loi de finances rectificative établisse une obligation pour les véhicules collectant l’ISF de consacrer au moins 20% des sommes à des projets de moins de trois ans d’existence, non filiales (<25%)>.

A un moment où le salariat va en déclinant, où la culture française s’ouvre peu à peu à l’entrepreneuriat, conduisant tant les jeunes diplômés que les cadres supérieurs à souhaiter créer leur propre activité, il serait vraiment dommage de rater cette étape stratégique en leur confisquant les moyens de la Nation.

Permettez-moi une dernière suggestion pour desserrer l’accès au financement pour ces sociétés : la profession bancaire (que je connais particulièrement bien pour y avoir œuvré pendant 15 ans) a bénéficié de la part de l’Etat de privilèges dérogatoires importants au regard des standards de la libre concurrence, leur permettant les profits qu’on leur connaît. (Cette « protection » était le fruit d’un échange de contreparties, les banques s’étant engagées à l’époque (1993-1995) à conserver massivement les emplois sous-qualifiées et à distribuer du crédit aux PME, contreparties évaporées au fil du temps)

Dans ce cadre, il pourrait être demandé aux acteurs du monde bancaire de consacrer 20% de leurs profits dans le domaine des PME (au sens européen) en fonds propres affectés à la production de crédits pour cette même clientèle. Cette mesure simple, et somme toute peu contraignante, desserrerait de manière très rapide le carcan actuel. Et permettrait aux acteurs bancaires de renouer avec leur rôle actif de développement de notre société.