vendredi 2 octobre 2009

Les étapes d'une levée de fonds

Calendrier prévisionnel des étapes d’une levée de fonds

N.B. : les durées sont données à titre indicatif, chacune des étapes étant liée à la réalisation des précédentes et de la fourniture du corpus d’informations nécessaires. Les autres principaux facteurs de variation des délais sont concentrés sur le process interne des acteurs de l’investissement.

J : signature du contrat

J à J + 3 : revue des documents fournis, identification des documents manquants

J + 3 à J + 45 :

- Analyse du marché (taille, facteurs clés de succès, perspectives,concurrence, etc…),

- Analyse SWOT (forces, faiblesses, opportunités menaces),

- Fabrication du modèle Excel de prévisions incluant bilan, compte de résultats, prévisionnel de trésorerie, pour chacune des branches d’activité

- Recueil des éléments « décoratifs »

- Fourniture du premier dossier pour revue critique

- Modifications et sortie de la v1 du dossier

- Fabrication du teaser, validation

- Fabrication du matériel de présentation (power point) et validation

- Fabrication et validation de la lettre de confidentialité

- Etablissement de la liste des cibles pour la levée de fonds. Echanges sur cette liste. Etablissement d’une liste de priorités (vagues A/B/C)

J+45 à J+ 60 :

- Adressage du teaser aux cibles retenues

- Rappel des cibles (sous un délai de 7 jours), discussion, pré-décision si intérêt ou non

- Recueil des lettres de confidentialité des cibles intéressées

- Adressage des dossiers complets

- Suivi du process interne aux fonds (pré-comités)

- Montage des rendez-vous de présentation initiale

- Etablissement du tableau de suivi des cibles

J+60 à J+120 :

- Rvs sur site

- Recueil des premières intentions (oral)

- Suivi du process interne de soumission au comité d’investissement

- Fourniture des éléments complémentaires demandés le cas échéant

- Négociation des conditions de gouvernance

- Recueil des lettres d’intention

- Synthèse des offres et choix des 3 contreparties retenues

J+ 120 à J+150 :

- Gestion de la période d’audit, en général en période d’exclusivité

- Réponses aux questions

- Négociations des conséquences des conclusions de l’audit

- Négociations des conditions du deal

- Suivi du process d’approbation par la contrepartie

- Signature du protocole d’accord

J+150 à J+180 :

- Assemblées générales pour adapter les statuts aux conditions négociées et autoriser l’augmentation de capital

- Suivi de l’établissement de la documentation juridique par les avocats

- Préparation de la séance de closing

- Signature des actes et …

- Remise des fonds !

jeudi 24 septembre 2009

Pour une vraie libéralisation du secteur bancaire!

Peu mis en avant, le vrai problème de nos amis les banquiers est l'absence de concurrence réelle sur leur secteur: légalement, il faut être filiale à 51% d'un établissement déjà installé pour obtenir une licence bancaire.

Dès lors, l'oligopole en place a su faire passer lois et décrets, entente sur le dos des consommateurs, orientation totale vers le rendement pour l'actionnaire...

Or, ces lois d'exception ne se justifient qu'à deux conditions, concordant avec la reconnaissance du rôle d'agent économique d'exception accordé aux banques:

- elles sont garantes de la sécurité de l'épargne et
- en la concentrant sont à même de financer les projets des entreprises et des personnes. ce dernier point est l'essence même du capitalisme!!!

Cette crise a mis en évidence que ces deux rôles n'étaient plus tenus:

- si l'on retire les crédits LBO et les crédits à la consommation (véritables trappes à pauvreté), la croissance des encours de prêts est largement négative depuis dix ans,

- les économies déposées auprès des banques ont été largement placées dans des instruments risqués conçus seulement pour satisfaire les appétits de commission des vendeurs. Et des actionnaires...

Dans ce cadre, la crise a obligé à repenser le rôle de ces acteurs économiques sous un angle

- soit d'exception, ce point impliquant un risque systémique et un rôle central dans notre système économique. Il implique de facto une mise sous tutelle de leur activité, garante du respect de leur contribution à la collectivité mais aussi de leur neutralité économique, leurs décisions étant seulement fondées sur la rationalité et non sur la satisfaction de tels ou tels catégories de clientèle ou d'actionnaires,

- soit comme un simple acteur concurrentiel, et donc ouverture à la concurrence, avec tous les effets bénéfiques classiques d'une telle confrontation: meilleurs services, tarifs revus en baisse...

Ceci est chose faite sur plusieurs compartiments de leur activité, la crise ayant entraîné de la part des gouvernements et des acteurs privés agissant sur le secteur ouvert des stratégies de contournement de l'immobilisme observé. Deux exemples vraiment frappants:

- La montée en puissance extrêmement rapide d'Oseo comme acteur majeur du financement des entreprises innovantes et de croissance,

- La pression sans équivalent apportée par la Commission Européenne sur la libéralisation des marchés de flux.

Les mesures étatiques élaborées grâce à la crise ont également aidé des acteurs nouveaux à faire irruption:

- les fonds ISF Tepa par exemple, qui ont largement bousculé un univers du capital risque qui ne risquait que peu, leur comportement ayant même entraîné ce qui était appelé dans notre jargon l'"Equity Gap": la tranche entre 100 et 1000 k€ de besoins en capital qui était resté longtemps la hantise des entrepreneurs, ce segment n'ayant aucune ressource disponible. La crise ayant poussé les banques à stopper l'affectation de ressources sur les LBO's, le fonds disponibles en capital se réalloue massiveement en ce moment sur le Venture et sur le Capital Développement, secteurs les plus efficaces en termes de développement de l'activité économique,

- les sociétés indépendantes de gestion d'actifs, y compris les CGPI (Conseillers de Gestion de Patrimoine Indépendants) qui à coup de Low Cost et d'intelligence relationnelle ont conquis peu à peu le coeur de la Veuve de Carpentras et représente désormais le principal réseau de collecte de fonds.

Les PME ont désormais un arsenal vraiment renouvelé de sources de financement alternatives sans précédent, rendant le rôle du banquier se plus en plus marginal

Restent deux secteurs où la libéralisation devra progresser:

- les crédits à l'habitat: le caractère incontournable de cette offre bancaire comme principal facteur d'attraction de nouveaux clients a longtemps poussé les banques à vendre à bas prix. Les performances innommables de leurs "usines" à produire des crédits, fruit dune politique de réduction, de coûts mal maîtrisée, contrebalancent désormais l'attractivité des taux et il ne serait pas surprenant que l'on assiste rapidement à l'irruption d'un acteur étranger correctement équipé sur ce secteur,

- et ceux des crédits de trésorerie aux PME, en particulier les moins innovantes.

Quant aux crédits conso, sincèrement, leur disparition ne pourrait qu'aider à la saine gestion des ménages les plus endettés et à nous faire sortir d'une économie d'ultra-consommation qui n'a plus beaucoup d'avenir à l'heure de l'urgence carbone.

Enfin, faire sauter le verrou de la création de nouvelles banques plus réactives et modernes sera la pierre de voûte d'un monde nouveau et dédié à ses citoyens plutôt qu'aux actionnaires.

mardi 15 septembre 2009

Un plombier polonais + un vieillard sur un banc + un retard de trop sur Paris Nord = le chat de Schrödinger dans une boîte fermée que personne ne veut

Un plombier polonais + un vieillard sur un banc + un retard de trop sur Paris Nord = le chat de Schrödinger dans une boîte fermée que personne ne veut ouvrir

Le monde que nous avons connu est en train de s’écrouler : l’organisation du travail telle que nous l’avons vécue disparaît, la crédibilité des systèmes de représentation démocratique s’effrite, la valeur ajoutée de production s’estompe.

Face à ces changements, nous restons autistes, comme Schrödinger face au chat dans sa boîte, ni mort ni vivant : ouvrir la boîte et constater que le chat est mort est un exercice auquel ne sont prêts aucune des élites et des représentants qui y ont trop à perdre. Alors, pour ne pas soulever la boîte pour savoir comment va le chat, la planification, le contrôle et la violence systémique basés sur l’entretien d’une peur diffuse et insaisissable auxquels se surajoute l’aversion totale au risque et donc à l’investissement, sont les outils pour éloigner toute intelligence prête à affronter le regard du chat. . Un jour proche, le refus d’ouvrir la boîte et l’exaspération face à l’autisme fera exploser la boîte. Comment nous y préparer ?

Le plombier polonais :

10% de la population active produit, soit environ 3% du total de la population. Le reste réfléchit, planifie, contrôle, glande. Valeur Ajoutée ? Sens de la Vie ?

70% des emplois proposés sont des postes de commerciaux, 5% de recherche, alors même que 30% des emplois souhaités sont des postes de recherche.

Il n’y a plus de travail pour tout le monde : en France, la mise en place des 35h (soit 10% de baisse du temps théorique travaillé) n’a produit aucun impact perceptible sur le PNB.

A partir d’une certaine taille, le travail en entreprise est largement constitué de négociations internes avec les fournisseurs et partenaires uniques internes, principalement sous forme de réunions sans productivité.

Une carrière débute à 30 ans après quatre stages non rémunérés, deux CDD de douze mois, un CNE et une embauche avec 6 mois de période d’essai, renouvelable et renouvelée. Le tout agrémenté de périodes de chômage. Les jeunes qui sont passés par là ont une relation à l’entreprise et au travail définitivement transformée par rapport à ce qui existait 20 ans auparavant : uniquement contractuelle, temporaire et mercenaire.

Une carrière finit à 45 ans. L’obsession des DRH actuelle est d’arriver à sortir le maximum de seniors (est-on senior à 45 ans ?). Ils coûtent trop chers et sont moins malléables. Ils coûtent chers à former et n’ont pas de connaissance innée des nouvelles technologies de recherche et de traitement de l’information.

La responsabilité est diluée, jamais affectée. Un patron de filiale France d’une multinationale, même réalisant plusieurs milliards d’euros de CA passera plus de la moitié de son temps en reporting et en explication auprès de ses actionnaires. En espérant toucher le gros chèque avant l’infarctus et que son ulcère ne dégénère en cancer.

Le temps passé et l’énergie dissipée dans le planning et le contrôle ont progressivement réduit le temps de la réalisation. Dans le secteur du bâtiment, l’argent investi va plus en plus au processus d’appels d’offre, de préparation de l’appel d’offres, de décision sur l’appels d’offres, de contrôle, de renégociation des prix. Si ce processus permet apparemment de réduire les coûts des intervenants extérieurs, il élève fortement ceux internes des donneurs d’ordre et allonge de manière considérable la durée de décision au détriment de la durée de réalisation. Par ailleurs, ce process se réalise au détriment de salaires élevés pour une main d’œuvre qui se raréfie et se déqualifie et de profit pour les entreprises, du coup fragiles et accentuant les conditions de précarité : 1ère conséquence, une variabilisation des charges de personnel empêchant une vraie croissance d’un savoir-faire et une désertion de ces secteurs par les candidats, engendrant des tensions dues au manque de personnel.

Alors, on fait appel au plombier polonais, qui lui sait encore travailler et possède un vrai savoir-faire artisanal.

Un retard de trop sur la ligne Paris Nord :

Durant la semaine du 17 octobre, un millier d’employés des classes moyennes, exaspérés par un énième retard Gare du Nord à Paris se sont affrontés en bataille rangée avec les forces de l’ordre.

La théorie de J.G. Ballard que la prochaine révolution sera déclenchée par la classe moyenne après une exaspération née d’une énième augmentation des prix des parcmètres semble valide. Cette assertion est d’autant plus valide que la capacité à donner un sens à son existence, dans un monde où Dieu est mort et où les pouvoirs sont d’abord orientés vers la satisfaction de leur besoins personnels, est devenu difficile, conduisant une large part de ces mêmes classes moyennes qui ne voit plus un avenir plus rose pour leurs enfants que pour eux, à une désespérance/une tentation probablement nihiliste (tout recommencer après avoir tout détruit ?)

Ne rien faire est plus profitable à titre personnel que tenter de changer les choses mais génère ennui et désespoir.

La consommation de tranquillisants n’arrête pas de croître.

Cette tendance n’est contrecarrée que par le confort et la télévision. L’empire romain en est mort.

Cette exaspération est en particulier alimentée par

Le vieillard sur le banc :

Dans ce monde qui privilégie capital sur travail, continuation sur construction, le responsable principal est le vieux :

Il est à la tête du patrimoine, nourri, soigné et protégé par les systèmes sociaux qui prélèvent sur le fruit du travail.

Il est derrière tous les actionnariats : directs, ou par le système des fonds de pension, ses opinions, ses peurs, ses exigences de rentabilité immédiates et non à terme conditionnent les choix économiques et sociaux.

Il conditionne les réactions des systèmes de représentation ; entre 50% et 80% des votants aux élections syndicales sont retraités, plus de 50% des votants aux élections politiques sont retraités, le poids de leur vote conditionne toute politique économique.

Le vieux ne veut pas voir le monde changer : assis sur le banc de sa fin de vie, il est assailli de peurs : de la mort, de l’insécurité, du manque de, des outils nouveaux. Il voyage de plus en plus mais entre soi, il participe à la société de consommation, mais de plus en plus égoïstement, les transferts entre générations devenant faibles à mesure que la mort approche.

Nous avons actionné un mécanisme de destruction, dont nous refusons de voir les effets.

Mais, que le chat soit mort ou vivant, soulever la boîte devient une urgence vitale si l’on veut faire de la suite autre chose qu’un cortège de peurs et de contrôle.

Nos enfants :

Nos enfants sont ceux qui acceptent le plus mal cette peur du vide, ce sont eux pour qui demain est la seule réalité acceptable.

Nos enfants ne supporte pas la hiérarchie, n’accepte des ordres que de la part de personnes plus compétentes qu’eux. Temporairement.

Nos enfants ont appris avec Internet à disposer de toute l’information disponible, à la traiter, à la partager.

Nos enfants savent travailler en réseau, constitué pour le sujet du moment, dissous après la réalisation de l’objectif.

Nos enfants ne sont pas miscibles avec une société dont le fonctionnement de base est la hiérarchie.

Nos enfants sont meilleurs que nous, inversion d’un rythme séculaire où le jeune apprend désormais au moins jeune.

Nos richesses :

Nous sommes encore un pays riche, d’argent, d’intelligence, de culture, de paysages, de formation, de technologie. L’argent n’est donc pas le problème, bien plus le carburant. Réapprendre à connaître nos forces est au moins aussi important que faire face à nos faiblesses.

Il nous faut donc, d’abord, ouvrir la boîte et regarder le chat.

Refuser de le faire, empêcher que d’autres le fassent conduit immanquablement à la mise en place de plus en plus rapide d’un monde de contrôle absolu, (dictature), seule voie plébiscitée pour faire face à la peur diffuse. Ce contrôle conduit de plus à un état écologique proche du désastre. Ce contrôle nécessite l’usage de plus en plus commun des outils de la peur diffuse et généralisée de risques hypothétiques. Cette aversion au risque, outre qu’elle conduit à interner ou écarter tout esprit de transformation, conduit à la négation même de l’idée d’investissement et donc de progrès.

La fin du travail :

Ensuite, prendre conscience que le travail salarié et l’organisation hiérarchique et pyramidale basée sur la soumission à l’autorité et non à la compétence est un concept qui n’a plus de futur. Qui dit salarié dit sécurité : celle-ci a disparu. Qui dit salarié dit hiérarchie et soumission : les générations qui viennent ignoreront de plus en plus ces termes.

Devenir entrepreneur de sa propre existence

Former à l’entrepreneuriat tous et toutes: la peur (de faire, de voir, d’avancer) est la base de cette paralysie. Une formation basée sur les principes de pédagogie active (ou comment apprendre en faisant et en étant coaché par des professionnels des domaines étudiés et non plus des professeurs de droit divin détachés du quotidien.

Privilégier le « faire » et le « penser » sur le « prévoir » et le « contrôler »

Recréer des organismes de financement de l’investissement :

Cette aversion au risque, décrite ci-dessus, a conduit à la disparition progressive des banques comme acteurs/soutiens de l’investissement : prétextant un risque trop élevé au regard de la rentabilité (ce qui fut vrai de 1992 à … 1993), la prise de garanties personnelles, le refus de financement de tout projet immatériel, la mise en place de systèmes d’analyses de plus en plus sophistiqués mais étouffants par la densité des informations requises et le temps d’apprentissage du langage bancaire exclut de fait tout financement d’activités non basé sur des actifs négociables.

Ce qui en soi ne saurait être dramatique si la suppression de toute insertion de concurrence a été interdit par des règlements totalement dérogatoires au principe du marché capitaliste. Vouloir créer une institution bancaire aujourd’hui n’est possible qu’à condition d’être filiale à 51% d’un établissement déjà établi.

L’oligopole fonctionnant parfaitement, le financement de nouvelles activités est désormais totalement entre les mains des fonds d’investissement, qui pour performants qu’ils soient, ne peuvent au regard de leur modèle économique accompagner des projets de petite taille (inférieurs en général à 3 à 5 millions d’euros de valeur d’entreprise). Quelle activité débutante peut prétendre à ces montants hors secteurs de la Biotech et de l’internet ???

Au vu des avantages dérogatoires dont bénéficie le secteur bancaire bénéficie aujourd’hui non seulement d’avantages dérogatoires au droit de la concurrence mais aussi d’avantages de rendement basés sur une fiscalité en particulier des placements organisée pour nourrir les établissements de distribution de produits financiers. La Nation et le la mise en place de niches fiscales destinées à nourrir les réseaux et les salles de marché bancaires ne peuvent se justifier que si le rôle d’accompagnement de l’activité économique par les banques est remis à l’honneur.

Les nouveaux outils comptables permettent une affectation des fonds propres par activité et un mesure de la rentabilité de ceux-ci : un minimum (par exemple de 5%) d’utilisation de ces fonds propres dans le domaine de la petite entreprise apparaît comme une voie indispensable pour susciter et accompagner le développement d’activités nouvelles, voie qui à terme pourrait permettre l’émergence d’activités créatrices.

Dans le cas contraire, le maintien de ces avantages exorbitants (combien d’industries peuvent se prévaloir d’une rentabilité net après impôts sur chiffre d’affaires supérieure durablement à 25%) ne saurait être poursuivi. En particulier, la libéralisation de la création de banques par tout acteur sera obligatoire.

Renouer avec le politique :

Dans un monde d’initiatives individuelles, agrégées temporairement en réseaux et orientées projets, le corpus de règles applicables à tous prend une importance centrale. Retrouver une volonté politique basée sur l’avenir et non le passé, écarter enfin les lobbys consommateurs égoïstes de moyens communs, refaire adhérer les forces vives sont un réel défi tant le désenchantement est fort. Une voie possible est probablement l’obligation du mandat unique, renouvelable une fois seulement, de telle manière que l’intelligence et l’énergie soient dédiées de manière temporaire mais complètes à son mandat. La réduction du nombre d’entités politiques pourrait permettre aussi le financement d’une vraie rémunération à même d’attirer les talents.

lundi 10 novembre 2008

Petit Poucet: au service des étudiants crateurs d'entreprise

Mathias Monribot se donne à fond depuis quelques années pour la cause de l'entrepreneuriat. Il a créé le concours de création d'entreprise pour les étudiants, puis le concours "Tendances et Cultures" pour mettre en valeur celles et ceux qui créent dans les domaines du design, des idées, des nouveaux produits, etc.. à un stade très précoce.

Ca vaut bien un éclairage, non?

Lancement du Concours Petit Poucet 2009, 7ème édition.
Concours de création d’entreprise réservé aux étudiants, organisé par Petit Poucet.

Le concours récompensera cette année 30 projets (diagnostics personnalisés), parmi eux 10 projets seront primés (plusieurs mois de conseils et dotations financières) et 4 projets seront financés par les fonds d’investissement de Petit Poucet puis hébergés dans la Maison des Petits Poucets.
Une école obtiendra le « Prix Meilleure Ecole Entrepreneuriale de France ».


Participation gratuite et sans engagement commercial.
Dossier de candidature sur www.petitpoucet.fr
Date limite de dépôt : lundi 15 décembre 2008


En pièce jointe :
- Dossier de candidature
- Affiche du Concours

Amicalement,

Mathias MONRIBOT

www.petitpoucet.fr

Signature2

dimanche 26 octobre 2008

La centrale nucléaire russe, l'oiseau et les fonds d'investissement

Je ne vous ai pas trop parlé de mes occupations professionnelles. Non qu'il n'y ait rien à dire, loin de là, mais ce n'est pas trop le lieu de ce type d'échanges. Sachez juste que j'accompagne les talents, de quelque nature que ce soit, à éclore, émerger, réaliser
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
quelque chose de beau
" (Prévert)

Hier, comme on me dissertait sur ma passion pour les gens exceptionnels, de talent, on m'a raconté une très jolie histoire pour me dire combien ceux-ci pouvaient être précieux au-delà des modes et des croyances.

Comme elle m'a touché, je me permets de la partager à mon tour avec vous:

"Cela se passe après la chute du Mur. L'Union Soviétique décomposée vit dans la terreur d'une explosion de ses centrales.
Sans moyens, sans experts qui tous partent petit à petit vers des contrées plus dollarisées, les autorités décident de privatiser leurs centrales.

Dans le petit village de Chiamarenko, une de ces centrales a été vendue ainsi au groupe multinational Empire Living, grand acteur du secteur de l'énergie.

Comme tout bon groupe américain, piloté par la dictature des vieilles rombières regroupées au sein de clubs de vieilles rombières appelés "Pension Funds", ils commencent par mettre à la retraite volontaire ou non les bons et loyaux serviteurs de la Centrale et à importer des techniciens ouzbeks.

Tout va bien et les profits s'avérent monstrueux jusqu'au jour où... un des voyants d'alerte passe au orange puis au rouge, puis un second, puis la totalité des voyants, la vapeur commence à s'échapper, la centrale à vibrer, c'est l'affolement le plus total pour la quinzaine de jeunes et brillantes têtes sorties du MIT et de Harvard pilotant la Centrale. On envisage l'évacuation et la fermeture de l'espace aérien. Les téléphones des dirigeants mondiaux rougeoient et les routes alentours, sous la ruée des techniciens ouzbeks et de leur parentèle, poudroient.

Totalement désemparés, restés seuls, ils finissent par remarquer le comportement de la seule femme de ménage russe qu'ils ont conservé et qui pousse placidement son balai à trois poils dans un des coins du bureau.

"Olga, vous êtes impavide?"
"Da, Da"
"Mais, pourquoi n'êtes-vous pas inquiète? Vous avez déja vécu cela?"
"Da, Da"
"Mais, comment nos prédécesseurs avaient-ils résolu ce type d'incident?" hurlent-ils dans le vacarme de plus en plus assourdissant.
"Da, problem, niema... Boris forgeron village savoir..."
"Forgeron????"

Se concertant, de plus en plus affolés, ils envoient le plus jeune de la troupe dans le Hummer flamboyant parlementer avec le forgeron. Arrivé au village, il le trouve sur le pas de sa porte, prêt à intervenir, avec sa trousse à outils et une grosse masse.

"Da, bien, vous venus, il est temps d'aller..."
"Mais, vous savez ce que c'est comme panne?"
"Da, 37ème sous-sol, couloir B21, porte BZC765..."
dit-il alors que le Hummer, rendu beaucoup moins flamboyant après ses cahotages sur les chemins boueux au point de ressembler à une vieille Jigouli, s'achemine péniblement vers la centrale qui s'irradie progressivement d'une lueur orangée... C'est assez joli comme fin du monde.

" Votre prix sera le nôtre" ajoute l'américain en bataillant avec les vitesses.

Arrivée à destination, la troupe suit Boris le forgeron jusque dans les tréfonds de la centrale, 37ème sous-sol puis couloir B21, puis arrivent devant une porte en fer rouillée sans indication visible, pousse le battant dans un vacarme sinistre de GötterDammerung, écarte la horde de rats qui s'en échappe et voit Boris prendre sa masse, choisir une conduite et abattre d'un "Han" massif le marteau.

Instantanément, tout se calme, les voyants repassent au vert, la Bourse remonte, le champagne est ouvert et coule à flots dans la salle de contrôle, les téléphones redeviennent gris et la poussière retombe sur les routes des alentours.

Boris, seul dans son coin, s'approche du chef des américains et lui susurre:
"Pas oublier me payer, pajalski..."
"Bien sur, niema problem, c'est combien?"
"Un million de dollars"

Le champagne est immédiatement régurgité et l'américain rougeaud manque de mourir de saisissement. Un papillon bat des ailles sur le Pacifique.
Dans la confusion qui s'ensuit, Boris s'éclipse.

Les agapes sont dès lors suspendues, et une réunion de crise est tenue.

"Un million de dollars pour un coup de marteau, ce russe est complétement fou!!! Il doit bien se rendre compte de l'inanité de sa demande!!"

"Oui, mais on pourrait avoir de nouveau besoin de lui. N'oublions pas que nos actionnaires (qu'ils soient chéris et vénérés) veillent à prendre, comme il est normal, la totalité de nos profits pour les distribuer... Il n'y a pas d'argent pour investir dans une modernisation ni recruter du personnel qualifié" rétorque un seond.

Dans le silence lourd qui suit comme usuellement l'énoncé de vérités supposées définitives, un stagiaire qui assiste à la scène dit:

"J'ai peut-être une idée..."

Les têtes se tournent vers lui.

"Et si.. Et si on lui demandait une facture détaillée???"

Dans un brouhaha général, tout le monde approuve et le stagiaire est désigné pour aller parlementer avec Boris.

Deux heures plus tard, celui-ci revient, décomposé.

"Alors?"
"Alors... Il m'a reçu très gentiment, a souri lorsque j'ai expliqué que cela nous était difficile de justifier auprès de nos actionnaires de verser 1 million de dollars à un forgeron sans justificatif, est parti chercher un vieux carnet à souches lorsque je lui ai demandé une facture détaillée, a sorti son vieux crayon qu'il a léché et écrit avec application:

Forgeron de Chiaramenko
Facture no 2002 - 1
Objet: Réparation de la centrale nucléaire

Prestations:

- Donner un coup de marteau: 1 dollar
- Savoir ou donner un coup de marteau: 999 999 dollars.

En votre aimable réglement.

"Sic Transit Gloria Mundi"

Crise, conséquences et opportunités

Crise, conséquences et opportunités

Si les conséquences de la crise actuelle du système financier mondial ont principalement été concentrées sur … le secteur financier, ses effets ne vont pas tarder à prendre leur pleine puissance sur les sociétés industrielles et commerciales. Dans ce cadre, les frontières vont bouger, les situations en place se modifier, les risques s’accroître.

Comment s’en protéger et comment en profiter ?

En tant qu’entrepreneur, comment s’en protéger ?

Clairement, l’année 2009 va être une des pires années jamais vécues par un entrepreneur : montée des risques, désolvabilisation des clients, credit crunch, baisse violente du PIB (-10% ?), etc…

Sachant le temps nécessaire pour s’adapter à ce type d’environnement, il faut agir maintenant : Préparez un plan « Crash », c'est-à-dire une croissance de votre activité amputée de 20% (si vous faisiez +5%, regardez ce que cela donne à -15%). Et la conséquence d’une baisse d’activité de ce niveau sur tous les compartiments de votre entreprise :

- Sur le poste clients : passage de la totalité de la clientèle sous assurance crédit et refus de vente si non-accord de couverture par SFAC ou Atradius. A cet égard, rappelons que les assureurs crédit peuvent vous déréférencer du jour au lendemain vous laissant sans crédit fournisseur, ceux-ci exigeant alors un paiement cash ou un dépôt de garantie. Prenez le temps d’aller les rencontrer et de faire le point sur votre société si vous voulez conserver un peu de marge de manœuvre. Sinon, nommez si ce n’est déjà fait quelqu’un en charge du recouvrement et du délai clients. En la matière, c’est celui qui râle le plus qui est le plus vite payé, cela ne sert à rien d’être sympa et arrangeant.

- Sur les stocks : le ralentissement économique a d’ores et déjà gonflé les stocks à tous les niveau de la chaîne de production, avec un effet amplifié sur 2009, les plans de production devant sans doute être revus drastiquement à la baisse avec des stocks déjà élevés.

- Sur la dette : allez voir votre banquier, essayez de sécuriser tout ce qui peut l’être, signez, si vous le pouvez, toute dette que vous pouvez obtenir. Concernant les découverts, la banque doit vous laisser un délai de 60 jours en cas de rupture de sa part. Elle ne peut vous empêcher de tirer sur votre découvert à hauteur du maximum atteint au cours des 6 derniers mois, sous peine de rupture abusive, plaisanterie qui peut les obliger à combler tout le passif en cas de RJ. Conséquence : tirez toutes vos lignes de découvert au plafond au moins une fois par trimestre, voire essayez de les dépasser largement pour créer ce que l’on appelle une « référence », montant maximum que vous pourrez tirer en cas de pépin. Ceci n’est possible que si la banque ne vous adresse pas une lettre de dépassement exceptionnel. Dénoncez vos cautions personnelles si vous en avez. Cherchez des programmes de factoring pas chers (nous avons chez Da-Ose un partenaire privé qui propose du Euribor + 1 ,10% sur tout type de créances, y compris l’Etat, l’international et la petite créance, avis aux amateurs !!!)

- Sur la trésorerie : protégez votre bas de laine : on commence à distinguer les gagnants et les perdants du 3ème conflit mondial et les conclusions semblent limpides : pas de placements en action, ni en obligations, ni en immobilier (avant 2 ans), ni dans une banque sans dépôts, et surtout pas en dollars (effondrement probable d’ici 6 mois). Que reste-t-il ? Les certificats de dépôts de la Caisse des Dépôts. Ou de BNPP, Crédit Mutuel, HSBC. Pour les six prochains mois au moins à mon sens.

- Sur le personnel : il est difficile de licencier, juridiquement mais surtout humainement. Si cela vous apparaît comme un passage obligé pour la survie, si vous licenciez plus de 10 personnes, il faut faire un PSE (Plan de … Sauvegarde de l’Emploi), compliqué à gérer et surtout très long (6 mois) et très cher. D’où la nécessité d’anticiper au maximum une décrue contrainte des effectifs. Plus tôt vous initierez cette démarche, plus facilement vos collaborateurs partants trouveront un emploi, sachant qu’une montée très violente du chômage est à prévoir.

- Sur le capital : il reste de l’argent qui cherche à s’investir en France, et ce de manière urgente. Les fameux fonds issus de la réduction de l’ISF ont collecté plus de 550 millions d’euros et ont le plus grand mal à trouver de cibles d’investissement, sachant qu’ils n’ont qu’une période très courte pour les employer. Par ailleurs, les performances singulières des banques ces derniers mois ont renforcé l’attractivité de l’investissement dans les PME pour les personnes fortunées. Chercher de l’argent en ce moment n’est donc pas impossible, loin de là. Pour autant que l’on dispose d’une maîtrise de son activité, de ses ambitions et d’une stratégie claire et solide.

En tant qu’entrepreneur, comment en profiter ?

L’avantage des temps de crise comme celui que nous vivons est que les frontières fixes et intangibles deviennent floues et souples, que les héros d’hier deviennent les parias de demain et que du coup… il y a plein de bonnes affaires à faire. (Le secteur où cela est aujourd’hui le plus apparent est celui …. des banques, petit monde figé depuis des années en termes de mouvement de concentration qui se trouve, du fait de la violence de la crise, en train de faire émerger des vainqueurs incontestés et incontestables)

Passage obligé : ne pas être endetté aujourd’hui.

Si vous avez de la dette (particulièrement LBO), il faut songer à un adossement le plus rapide possible, toutes les hypothèses d’exploitation actuelles et futures s’étant très violemment dégradées au cours des dernières semaines.

Mettez votre fierté en poche pour :

- lever de l’argent, certes à valorisation cassée mais non nulle, ou

- regardez autour de vous auprès de qui s’adosser, se fusionner, à un moment où votre entre prise est encore sexy et complémentaire à certains de vos concurrents. Il y a urgence !!! ou

- préparez vous à gérer votre mandat ad hoc le plus rapidement possible, les tribunaux de commerce risquent d’être très encombrés en 2009. Le fait de le déclencher vous-mêmes vous laisse la main alors que la DCP (Déclaration de Cessation de Paiement) vous met hors jeu.

Si vous n’avez que de la dette normale d’exploitation, et que les concurrents de votre secteur ont eux commis l’immense erreur de s’endetter lourdement pour des opérations de LBO ou de croissance externe, c’est du pain bénit pour vous. Devenez (et ce, quasiment quelque soit votre taille), les acteurs de la structuration de votre secteur. Là encore, il y a des fonds propres disponibles pour ce type d’opérations pour autant qu’elles soient bien construites et saines.

Sur toutes ces pistes financières, Da-Ose accompagne d’ores et déjà des entrepreneurs qui ont fait le choix de profiter de cette crise sans équivalent :

- en analyse stratégique préalable,

- en apport opérationnel pour préparer la tempête qui s’annonce, (revue des items exploitation et bilan pour adapter la société aux nouvelles conditions de l’environnement, propositions d’actions, suivi de la mise en oeuvre)

- en gestion de relationnel banques,

- en levée de fonds sur certains secteurs (internet à contenu, distribution, cleantech, industrie) ou certaines problématiques (création d’un leader du secteur, intégration horizontale et verticale)

- en cession pour ceux qui le souhaitent, (industrielle principalement)

- en acquisition pour ceux qui ont de l’appétit et des réserves financières,

- et ce en France en Europe et en Chine.

Si vous vous sentez concernés par ces questions, si vous avez une société dirigée par une équipe professionnelle et soudée, n’hésitez pas à nous appeler.

Mort du dollar, Mort du rêve d'un monde capitaliste?

Mort du dollar, Mort du rêve d'un monde
capitaliste?

Les chahuts actuels des marchés financiers sont par leur ampleur et par leur violence comparables à la période qui a précédé la chute du système communiste, comme si le monde
voulait se débarrasser des grandes illusions du XXème siècle.

Il est peut-être temps de ré-explorer l'échec du bloc communiste pour comprendre pourquoi cela n'a pas marché et voir les enseignements que nous pourrions en tirer, nous, pour
cette crise qui ne cesse de s'amplifier.

A leur actif: une société où tout le monde avait un toit, où tout le monde mangeait, où tout le monde, sans exception savait lire écrire et compter, où les obscurantismes religieux avaient été muselés (libérés par la suite par le soutien des USA aux talibans et à Ben
Laden par exemple au moment de la guerre d'Afghanistan), où la culture était un élément majeur de statut social (forcément, il n'y avait pas d'argent comme échelle de valeurs permettant de définir un statut social), une vraie
réussite scientifique.

A leur passif, un aveuglement extrême sur leur
propre réussite, générant une défiance et une démoralisation de leurs peuples et de leurs élites devant l'écart constaté entre la réalité et le discours, une réussite économique faible, une restriction majeure des libertés individuelles, une vraie violence intrinsèque à
la dictature, ayant conduit dans les années 30 et 40 à des massacres effroyables. Ces derniers points ayant été générés par une dérive autoritaire d'une utopie à l'origine généreuse et porteuse.

5 raisons majeures ont mis fin aux systèmes se revendiquant de cette idéologie:

- crise financière : la course aux armements a mis à genoux le bloc, la dette a enflé, ils se sont retrouvés en faillite. D'où chute de leur monnaie (avec la fameuse blague sur la différence entre un rouble et un dollar.Réponse:… un dollar) les ayant conduit à l'exclusion des systèmes de commerce internationaux.

- crise sociale: les images diffusées en boucle des vacances à la mer, des biens de consommation dans des territoires où le gris dominait et où les produits même de
consommation courante étaient absents et les queues longues) ont poussé la masse
à adhérer au système concurrent. Cela beaucoup plus qu'une restriction de liberté de mouvement (très variable de pays à pays en fait) ou d'expression qui a surtout concerné les élites intellectuelles.
- crise environnementale : l'ultra spécialisation des territoires, voulue par Staline pour bloquer leur retour à une autonomie ou une indépendance, a dégradé
terriblement l'équilibre écologique. Tchernobyl a été la goutte d'eau ultime.
- Auto-reproduction des élites: l'adhésion au pc étant un passage obligé de réussite sociale, les enfants des dirigeants en place se sont retrouvés ultra favorisés, contribuant peu à peu à une dégénérescence des élites
- Ultra domination des conglomérats : la puissance et la lourdeur des conglomérats a
tué toute tentative de réussite de l'initiative individuelle pourtant réhabilitée assez tôt. Leur taille a généré ce que nous connaissons : corruption, inefficacité, oligopole dominant sourd à toute critique.

Quelle est notre situation en Occident capitaliste en 2008 ?
- Crise financière: elle est plus que majeure, l'état de faillite de nos Etats ayant conduit à l'ouverture massive des robinets à liquidité et par conséquence à la situation actuelle d'hyperinflation des actifs, la monnaie de référence a perdu la moitié de sa valeur en 6 ans et va se retrouver dans les mois à venir comme monnaie de seconde zone,

- Crise sociale : sans même parler des images
de la gare du nord en 2007, le sentiment de la masse des populations d'être
laissés pour compte par les puissants de ce monde génère une instabilité sociale
majeure. La désignation de boucs émissaires (jeunes, pauvres, immigrés, contestataires, etc... ) couplée à la totale indulgence sur les pratiques des riches conduit irrémédiablement à une crise sans précédent. Quand les USA mette 1% de ses citoyens sous les barreaux, (ce taux montant à 10% sur les jeunes adultes noirs…), la déchirure sociale est évidente et rappelle, en termes de refus d'une classe de
population entière, d'autres violences systémiques appartenant aux régimes les
plus durs. Et ce, sans parler de la crise alimentaire qui émerge. Cette
déchirure est porteuse de troubles sociaux majeurs et violents.

- Crise écologique: Inutile de revenir sur
la problématique du réchauffement. En revanche, la dégradation de l'environnement ne se limite pas à ce phénomène. L'ultra spécialisation des
territoires (Chine= production de masse, Afrique = matières premières, Inde = cerveaux) provoque des dommages considérables sur site (voir Amazonie, Nigeria, Côte d'Ivoire, la région de Canton, c'est impressionnant... ) mais aussi, par absence de contrôle des process de production sur les biens que nous consommons (la montée des cancers du sein s'expliquerait entre autres par le recours à des colorants cancérogènes utilisés sans vergogne dans les pays de production)

- Autoreproduction des élites: L'accès déjà
difficile aux études supérieures pour les personnes issues de milieux défavorisés sera impossible dans un système à l'américaine avec des droits d'entrée universitaire couplé à une politique très restrictive d'obtention de
visas pour les élèves les plus doués du monde. Cette posture nombriliste génère
des aveuglements dont nous avons pu voir les effets (crise du CPE par exemple) et constitue surtout une erreur stratégique majeure dans un monde où l'actif intellectuel crée la vraie richesse d'un pays (voir la Finlande ou plus proche de nous le prix de location du nom Louvre: 1 milliard d'euros... ). Cette posture
nous met en danger de décrochement majeur en termes de positionnement stratégique.

- Ultra domination des conglomérats: no
comment. La presse se fait suffisamment l'écho des fusions acquisition et les groupes se pensent désormais mondialement. Nombre de secteurs sont dominés par des oligopoles (finance, matières premières, industrie lourde, etc.. ) captant les ressources financières au développement de l'économie. Le capital n'est plus distribué de manière efficace. Le recours au crédit limité tue la possibilité de développer un tissu de PME autres que celle
sous-traitantes des grands groupes, la part du PNB généré par les grands groupes
s'approche désormais de la part du PNB qui était générée par les conglomérats au
temps de l'Union Soviétique.
A noter qu'un renforcement des législations et des contrôles n'y changerait rien: La chute de
ces géants aux pieds d'argile est d'autant plus rendue possible par les contraintes financières de plus en plus lourdes auxquels ils sont soumis, entraînant un surinvestissement dans le contrôle et l'audit au détriment de la
créativité de l'innovation et de la réactivité. Et créant, comme toujours dans des systèmes aux règles trop figées, des poches de chaos, la plus illustre et récente étant l'affaire Société Générale.
- Mêmes causes, mêmes effets?

Avec un contexte de guerre économique accentuée, cette
fois-ci entre pays dits «émergents» et pétroliers et bloc américain. Ce que l'on peut dire en tout cas, c'est que la guerre Bush / Ben Laden aura finalement été remporté par ce dernier : la paranoïa américaine a fait exploser les
dépenses en matière militaire (15% du PIB américain prévu en 2008…) à un niveau jamais
égalé lors de la guerre froide. Ce surinvestissement non productif a conduit les
us à leur perte, ceux-ci étant devenus incapables de refinancer la totalité de
leurs besoins propres à partir du moment où l'émission fiduciaire n'est plus absorbé par le reste de la planète qui ne reconnaît plus de valeur au papier sur lequel est inscrit le sigle dollar.

Quel avenir?

Historiquement, des crises de cette ampleur conduisent dans la douleur à des mutations sociétales, ou à des guerres.

Trois scénarios sont
dès lors possibles :

o Désagrégation des sociétés dites
contemporaines: Montée des régionalismes, tentatives de sécession (Californie? ), troubles sociaux et violence, contre-réactions probables soit sur la base de milices privées, soit dans le cadre d'un conflit à géographie plus large, montée des nationalismes et des communautarismes, émergence de
régimes crypto-fascistes dont l'action serait basée sur l'utilisation massive de techniques de surveillance et de répression. Les USA ont pris cette voie. (1% de la population incarcérée, plus de 10% des jeunes adultes noirs…). C'est la voie que nous empruntons actuellement avec la terrifiante perspective d'une Amérique à genoux utilisant ses ressources militaires pour éviter l'effondrement.

o Rachat pur et simple des sociétés
occidentales par les fonds issus des fournisseurs de matières premières et mise sous tutelle, à l'instar des destins de la Chine ou de l'Allemagne au début du 20ème siècle, en cours,

o New Deal: Si Roosevelt a pu après 1929
surfer sur la vague de la croissance industrielle, nos sociétés n'ont que peu de nouveaux secteurs sur lesquels investir massivement pour générer de la croissance. La seule option à cet égard est la mise sur pied d'un programme
colossal d'investissements dans les énergies renouvelables et d'une manière plus
générale dans le socialement responsable. Le recours massif à la création de
nouvelles structures est incontournable, les grands groupes et plus encore les
Etats ayant largement démontré leur incapacité à générer de manière rapide de
nouvelles activités.

- Dans ce cadre, si
l'euro reste un de nos meilleurs remparts, il y a néanmoins urgence à repenser
notre système :
-
o En privilégiant les
revenus au détriment de la valeur des actifs (matériels et immatériels), permettant ainsi aux nouvelles entreprises de disposer d'actifs à meilleur compte et aux ménages de consacrer une partie plus importante de leurs revenus à
la consommation réelle.

o En imposant aux acteurs
financiers de consacrer une partie de leur bénéfice (20%? ) à accompagner le
financement de l'entrepreneuriat et la création de nouvelles activités. A cet
égard, le recul enregistré sur l'investissement de l'ISFdans les PME, confiant
à des intermédiaires bien installés le soin de distribuer cette manne sans
risque dans des PME de taille déjà respectable, est criminel. Outre le fait que
ces sommes auraient enfin pu permettre un financement des jeunes pousses et des
sociétés jeunes en croissance, elles privent ces firmes de l'expérience, des réseaux et du savoir-faire que les contribuables isf auraient pu leur apporter.

o En créant de nouveaux
repères sociaux pour partie déconnectés de la logique financière et monétaire et permettant de diminuer la pression sociale en offrant de nouveaux territoires de réussite et de reconnaissance sociale.